Numéro 32 (mai 2011)
- Editorial (par Mariusz Wichtowski)
- Bienvenue en Croatie (par le Bureau croate)
- Fausses attestations lettones sur l’historique d’assurance et présentation d’un nouvel outil informatique (par Juris Stengrevics)
- La médiation visant la résolution de conflits (par Stefano C. Re)
- Non-assurance:
- Droits des passagers de bus et autocars (par le CEA)
- Arbitrage: A propos de l'arbitrage (par Alain Pire)
- Agenda
Editorial
(par M. Mariusz Wichowski, Président du CoB)
Chers collègues,
Chaque année à cette période, nous préparons notre assemblée générale.
Cette année nous aurons l’occasion de tous nous retrouver à Dubrovnik suite à l’aimable invitation du Bureau croate. Je suis certain que nous aurons non seulement l’occasion de discuter et de prendre des décisions sur plusieurs questions importantes au cours de notre congrès officiel, mais nous profiterons également de cet évènement pour organiser des réunions bilatérales.
Comme chaque année, nous publions une nouvelle édition du CoBnews et j’espère que celle-ci constituera une bonne introduction à notre réunion ainsi qu’une contribution intéressante pour notre travail quotidien et notre collaboration.
Je suis certain que vous trouverez plusieurs articles intéressants à lire.
Nos amis du Bureau croate ont préparé un texte de bienvenue qui fournit des informations sur leur magnifique pays, leur histoire et leur marché des assurances ainsi qu’une pièce indispensable de la garde-robe masculine : la cravate. La Croatie est un pays très connu et est une destination de vacances très populaire, mais nous devrions également noter qu’elle possède une marché des assurances très fort et en pleine expansion dans cette partie-ci de l’Europe. Je suis sûr que nous nous réjouissons tous de découvrir la Croatie.
Après cette agréable introduction nous aurons également la possibilité d’aborder divers sujets intéressants qui ont ou qui pourraient avoir une influence non négligeable sur notre collaboration transfrontalière. Certains sujets font part d’expériences nationales, d’autres abordent des sujets plus généraux concernant la collaboration internationale ou d’autres présentent les derniers règlements de la CE.
Lors de l’assemblée générale de cette année, nous aurons l’occasion de participer à un atelier qui aborde un seul sujet : la fraude internationale concernant la RCA. Je suis certain que l’article de nos collègues lettons concernant leur expérience nationale dans la lutte contre cette maladie des assurances pourrait constituer une excellente introduction à ce séminaire.
Alors que notre collaboration semble se dérouler sans heurts, il nous arrive occasionnellement de ressentir le besoin d’une solution claire concernant les conflits entre Bureaux. Forts de plus de 60 ans de tradition, nous faisons encore face à des sujets sensibles qui suscitent des problèmes de compréhension commune des règles présentes dans le système de la carte verte. Cela prouve bien que nous agissons au sein d’une organisation vivante et que les contentieux sont des conséquences normales de notre activité. Il n’est pas toujours facile de régler ces conflits. Les articles reçus du Bureau italien concernant la médiation et l’article préparé par notre Secrétaire général concernant l’arbitrage devraient rapprocher ces deux procédures.
Vu comme une histoire sans fin, nous pourrions aborder un autre sujet présenté à partir de deux points de vue différents. La non assurance est un des problèmes les plus importants dans l’assurance RCA dans nos pays. Malgré plusieurs idées et l’introduction de plusieurs règles, un nombre considérable de véhicules immatriculés ne sont toujours pas assurés. La manière de lutter contre la non assurance sera présentée par nos collègues tchèques et britanniques.
Récemment, la CE a présenté un nouveau règlement à propos des Droits des passagers de bus et d’autocars. Nous ressentons habituellement une certaine crainte face à de nouveaux règlements puisque nous avons l’impression que chaque nouvelle règle pourrait engendrer de nouveaux problèmes dans notre travail quotidien. Ce règlement a-t-il un réel impact sur le fonctionnement de l’assurance RCA obligatoire dans nos pays ? Devrions-nous modifier nos règles internes concernant le règlement de sinistres ? Des réponses à ces questions ainsi qu’à de nombreuses autres doivent être fournies, mais pour l’heure, nous entendons fournir les informations essentielles concernant cette dernière initiative de la CE.
Comme vous pouvez le constater, notre Secrétariat, en collaboration avec tous les volontaires, a préparé plusieurs articles intéressants et j’espère que chacun trouvera un article à son goût.
Je vous souhaite une agréable lecture de cette édition du CoBnews et à Dubrovnik !
|
Bienvenue en Croatie
(par le Bureau d'assurance croate)
Chers délégués,
Le Bureau d’assurance croate – Hrvatski ured za osiguranje a l’honneur d’organiser la 45ème assemblée générale du Conseil des Bureaux et a le plaisir d’accueillir à Dubrovnik les délégués des 45 Bureaux membres du Conseil des Bureaux.
Nous aimerions vous faire découvrir notre pays, la ville accueillant l’assemblée générale du Conseil des Bureaux ainsi que notre marché de l’assurance.
Vous arrive-t-il de penser à la Croatie quand vous nouez votre cravate ou quand vous utilisez votre stylo-bille ? Sans doute que non. Pourquoi nous demanderiez-vous ? C’est simple, votre cravate provient, après tout, directement de la même cravate (le mot cravate vient du terme « hrvat » signifiant croate) que les soldats croates portaient autour de leur cou au 17ème siècle. La mode s’est répandue à Paris, en Grande-Bretagne et ensuite via l’Empire britannique à travers le monde. De plus, le stylo-bille que vous utilisez a été inventé par S. Penkala, un ingénieur croate qui a conçu le premier stylo-bille et le premier stylo en 1906.
La République croate couvre une région de 56,538 km2 et ses eaux territoriales s’étendent sur 31,900 km2. La côte comprend 1.244 îles et compte 6.176 km. La République croate possède 8 parcs nationaux, 10 parcs naturels, 2 réserves naturelles strictes, presque 100 réserves naturelles, 19 parcs forestiers, 28 sites naturels protégés et 72 zones naturelles. D’après le dernier recensement, la Croatie dénombre une population de 4.8 millions d’habitants. Le mode de vie dans les régions du Nord est typique de l’Europe centrale alors que le Sud est méditerranéen.
Les Croates ont d’abord colonisé la côte Est de la mer Adriatique au septième siècle A.D. et au cours des siècles, sont restés aux avant-postes les plus vulnérables de l’Ouest, qu’ils défendaient contre l’Est. Bien qu’un duché indépendant et un royaume croates se soient succédés entre le 9ème et le 12ème siècle, la Croatie est actuellement un des Etats européens les plus récents. Elle a adopté sa constitution le 22 décembre 1990 et a été reconnue par la communauté internationale le 15 janvier 1992. La reconnaissance internationale de sa souveraineté et son entrée dans l’ONU en 1992 ont marqué la fin d’une période cruciale de l’établissement de la Croatie en tant que nouvel Etat au sein de la communauté européenne et internationale. Après l’effondrement du régime communiste, la Croatie est devenue une démocratie parlementaire après les élections démocratiques de du printemps 1990.
La capitale de la Croatie est Zagreb, une ville d’un million d’habitants et le centre de la culture, de l’éducation et des affaires croates.
La devise est la kuna (HRK). « Kuna » signifie martre dont la fourrure était anciennement utilisée en tant qu’unité de change.
La langue officielle est le croate et s’écrit en alphabet romain. Le croate pour les débutants : Bonjour/ Bonne après-midi/ Bonsoir – Dobro jutro/ Dobar dan/ Laku noć ; Salut – Bok ; Au revoir – Doviđenja ; Merci – Hvala ; Comment allez-vous ? – Kako si?
L’emblème national croate est le drapeau croate composé de trois bandes horizontales rouge (en haut), blanche et bleue superposées des armoiries croates, ces dernières comprenant un blason principal (un damier de 13 carrés rouges et de 12 carrés blancs) surmonté de cinq écus formant une couronne au-dessus du blason principal. Ces cinq petits écus représentent les cinq régions historiques qui sont (de gauche à droite) : la Croatie, Dubrovnik, la Dalmatie, l’Istrie et la Slavonie.
Il n’est pas évident d’expliquer en quelques mots ce qui rend Dubrovnik intéressante. Nous pouvons nous tourner vers son histoire, avec son drapeau comprenant depuis des siècles l’inscription du mot « libertas » (liberté) ou encore vers son présent en tant que ville et centre touristique et artistique accueillant tout au long de l’année de nombreux évènements musicaux, artistiques et théâtraux. Dubrovnik est une ville reflétant à la fois la spiritualité et le libéralisme et compte 17 monastères et églises, une des plus vieilles synagogues en Europe, une pharmacie datant de 1317 ainsi qu’un asile. Tous ces lieux composent la mosaïque qui témoigne de son éternel esprit libéral et de la liberté de ses habitants protégée au fil des siècles d’histoire tumultueuse. Le symbole le plus distinctif de la ville historique protégé par l’UNESCO est son enceinte, entourant la ville d’une chaîne continue de 1940 mètres de long. Parmi les forts, les bastions, les tours et les différentes fortifications, les murs de Dubrovnik font partie des systèmes de fortification les plus beaux et les plus solides de la Méditerranée.
Dubrovnik était un des Etats marchands les plus petits mais les plus puissants de la Méditerranée, resté indépendant pendant 450 ans. Il possédait des bureaux consulaires dans plus de 80 villes. Sa flotte de près de 700 navires marchands rivalisait avec celle de Venise.
Sous le patronat divin de Saint Blaise et couronnée par la célèbre bannière Libertas (liberté) flottant du haut d’un pilier de pierre gardé par son célèbre chevalier Orlando, Dubrovnik est une ville dont l’histoire doit être contée par la ville elle-même.
Le marché de l’assurance croate
En 2010, les 25 compagnies d’assurance croates ont généré HRK 9 233mn (€ 1 267mn) en primes brutes souscrites.
Sur le marché non-vie, les PBS ont atteint HRK 6 788mn (€ 932mn), représentant 73,51 % des revenus générés par les primes sur le marché de l’assurance croate. La catégorie la plus importante dans le domaine de la non-vie est l’assurance responsabilité civile automobile générant une prime brute souscrite de HRK 2 866mn (€ 393mn) et représentant 42,2 % de la prime non-vie et 31,1 % du marché croate total.
Le Bureau d’assurance croate dénombre 20 membres dont 15 sont actifs dans le secteur de l’assurance automobile. Ces 15 assureurs automobiles ont émis 1 926 644 polices d’assurance RCA avec une prime moyenne de 204 €.
Nous espérons vous voir à Dubrovnik au mois de mai.
|
Fausses attestations lettones sur l’historique d’assurance et présentation d’un nouvel outil informatique
(par Juris Stengrevics, Président du Comité, MIB de Lettonie)
Comme nous le savons, l’adhésion de la République lettone à l’Union européenne en mai 2004 ainsi que la situation économique actuelle du pays ont donné lieu à l’émigration vers d’autres pays européens d’un nombre important d’anciens citoyens lettons à la recherche d’emploi. Les informations officielles déclarent qu’au moins 10 000 anciens citoyens lettons ont quitté le pays en 2010. Les destinations les plus prisées sont l’Irlande, la Grande-Bretagne, la Suède, la Norvège et d’autres pays de l’Europe de l’Ouest. Le même phénomène est observé pour les anciens citoyens de nombreux autres pays de l’Europe de l’Est. Bien entendu, ils prennent part au trafic routier de ces pays ainsi que au système d’assurance.
La directive 2009/103/CE du 16 septembre 2009 (6ème directive du Parlement européen et du Conseil), article 16 « Attestation relative aux recours en responsabilité de tiers » stipule que :
« Les États membres veillent à ce que le preneur d’assurance ait le droit de demander à tout moment une attestation relative aux recours en responsabilité de tiers impliquant le véhicule ou les véhicules couverts par le contrat d’assurance au cours des cinq dernières années au moins de la relation contractuelle, ou relative à l’absence de tels recours.
L’entreprise d’assurances, ou un organisme éventuellement désigné par un État membre pour fournir des services d’assurance obligatoire ou pour délivrer de telles attestations, fournit cette attestation au preneur d’assurance dans les quinze jours qui suivent la demande. »
L’article 50.1 de la loi lettone sur l’assurance responsabilité civile obligatoire pour les propriétaires de véhicules stipule, conformément aux dispositions de la 6ème directive, que le Bureau letton des assureurs automobiles (ci-après dénommé MIB de Lettonie) est tenu de fournir au propriétaire d’un véhicule (le contractant), lorsque celui-ci en fait la demande, les informations concernant l’historique de l’assurance responsabilité civile.
Les attestations sur l’historique d’assurance sont émises par le MIB de Lettonie sous forme d’un document du MIB de Lettonie signé et tamponné. S’il le souhaite, le client peut demander une copie envoyée par courriel, mais le document original est toujours envoyé par courrier recommandé. En 2009, 700 attestations ont été émises par le MIB de Lettonie contre 2000 attestations en 2010.
Au cours des derniers mois de l’année 2010, le MIB de Lettonie a reçu plusieurs demandes officielles de la part de compagnies d’assurance étrangères, surtout irlandaises et britanniques, de confirmation de l’origine d’attestations sur l’historique d’assurance qui leur avaient été soumises par d’anciens citoyens lettons qui tentaient de bénéficier de réductions pour le paiement de polices d’assurance dans leur nouveau pays de résidence pour leur véhicule immatriculé dans ces pays. La réduction qui pouvait être octroyée sur la base de telles attestations pouvaient atteindre jusqu’à 65 % de la prime. Dans certains cas, la réduction était malheureusement basée sur des informations frauduleuses et ce phénomène avait donc un impact défavorable sur le système des assurances (par exemple, l’évaluation du risque) ainsi que sur l’image de la Lettonie et de ses citoyens.
Lors de la vérification de demandes émises par des assureurs étrangers, le MIB de Lettonie a découvert que la plupart des attestations sur l’historique d’assurance qui leur avaient été soumises étaient fausses. Les méthodes de fraude étaient multiples et parfois assez simples. Elles consistaient par exemple à dissimuler les informations concernant les accidents par un correcteur et ensuite de copier le document. Certaines des fausses attestations étaient fournies avec de fausses signatures ou de faux tampons. Certaines avaient une apparence totalement différente. Il est arrivé que quelqu’un tente de soumettre une fausse attestation à deux reprises, d’abord à un assureur (qui a envoyé l’attestation au MIB de Lettonie pour vérification) et 6 mois plus tard à un autre assureur qui doutait de l’authenticité du document et qui a décidé de l’envoyer au MIB de Lettonie. Bien que le nombre d’attestations envoyées au MIB de Lettonie ne soit pas important, il est possible que le nombre réel de fausses attestations soit bien plus élevé. Le MIB de Lettonie a signalé certains cas à la police nationale afin d’entamer une procédure criminelle destinée à trouver les parties responsables.
Toutes les attestations reçues par le MIB de Lettonie de la part d’assureurs étrangers ont également été vérifiées dans la base de données et les compagnies d’assurance étrangères respectives ont immédiatement été informées des résultats.
Très vite, le système informatique du MIB de Lettonie a été développé dans le but de bénéficier de plusieurs possibilités en ligne. Par conséquent, les compagnies d’assurance lettones peuvent par exemple déjà recevoir les informations en ligne sur l’Etat actuel et l’historique de la catégorie Bonus-Malus de leurs clients directement de notre système informatique.
Après avoir mené une étude minutieuse du problème concernant attestation sur l’historique d’assurance et avoir considéré les possibilités visant à empêcher ce genre de situation, un nouvel outil informatique a été développé et a été introduit sur notre page web WWW.LTAB.LV afin de mettre fin au problème précité. Le nouvel outil informatique offre une possibilité rapide et pratique aux compagnies d’assurance d’autres pays qui désirent vérifier l’authenticité d’attestations sur l’historique d’assurance en ligne. A partir du 4 février 2011, chaque version papier d’une attestation sur l’historique d’assurance émise contient un code unique d’authenticité. De plus, les compagnies d’assurance peuvent vérifier l’authenticité des attestations sur l’historique d’assurance qui leur sont soumises par des clients potentiels en introduisant le code sur notre page web « Contrôle de validité des attestations émises » ou via le lien suivant http://vestures.ltab.lv/validity.
Le MIB de Lettonie a donc assuré que le processus de vérification des demandes et de réponse aux assureurs peut être effectué rapidement et efficacement. Par conséquent, nous pouvons supposer que le problème des fausses attestations sur l’historique d’assurance a été résolu.
La m
Deux années de lutte intense contre la non assurance en République tchèque
(par Jakub Hradec, CEO, Bureau tchèque)
L’amendement de la loi tchèque sur l’assurance obligatoire de la responsabilité civile automobile qui a introduit la «contribution journalière du Bureau des assureurs tchèques » à charge des propriétaires de véhicules immatriculés mais non assurés, est entré en application le 1er janvier 2009. Après deux années d’utilisation de ce système de lutte efficace contre la non assurance inspiré de la Finlande et de la Suède, nous pouvons brièvement présenter les résultats obtenus à la fin de l’année 2010.
En 2009, nous avons envoyé environ 133.000 factures et à peu près 190.000 en 2010. En 2009, nous avons récolté plus de 65 millions de CZK (environ 2.600.000€) au bénéfice de notre fonds de garantie et 196 millions (environ 7.840.000€) en 2010.
Entre la fin de l’année 2007 (dernière année avant le lancement de notre nouvelle activité – notre campagne de presse intensive durant l’automne 2008 a constitué une préparation importante de son introduction à partir de janvier 2009) et la fin de l’année 2010, le parc automobile tchèque a évolué de la manière suivante :
- Augmentation des véhicules immatriculés : + 5.8%
- Augmentation des véhicules assurés : + 11.86%
- Diminution des véhicules non assurés : - 25.6%
- Augmentation des véhicules définitivement radiés : + 100%
Un autre développement important et intéressant est intervenu dans le portefeuille des demandes d’indemnisation liées à la non assurance : en 2010 nous avons reçu 25% de réclamations en moins par rapport à 2008. En ce qui concerne leur valeur financière, il est prématuré d’en donner une évaluation définitive compte tenu de l’évolution des cas de lésions corporelles. Néanmoins, notre meilleure estimation de la diminution du volume financier se situe à plus ou moins 19%.
Bien que nous soyons raisonnablement performants en ce qui concerne nos recours contre les non assurés, en 2009 nous avons été obligés de demander des contributions de nos compagnies membres payées au fonds de garantie s’élevant à 100 millions de CZK environ (+ /- 4 millions d’euros) et nous avons été heureux de les réduire de 50% soit 50 millions (+/- 2 millions d’euros) en 2010. L’intensification de notre lutte contre la non assurance en 2010 nous a permis en 2011 de ramener à zéro les contributions de nos compagnies membres au fonds de garantie. En 2011, les besoins de cash-flow de notre fonds de garantie seront couverts par les rentrées en provenance des contributions journalières et des recours contre les non assurés soit, en d’autres mots par notre activité spécifique.
L’évaluation du niveau de non assurance des véhicules immatriculés n’est pas une tâche aisée, mais sur base des données statistiques de la totalité de notre marché en branche RC automobile (contrats et sinistres) ainsi que sur base de nos propres sinistres et des données de notre registre central des véhicules, nous sommes capables de présenter une estimation fiable. Si en 2008 nous estimions le niveau de non assurance des véhicules dans notre pays à 4.4%, nous avons été capables de le descendre à 1.4% à la fin de 2010.
Nous pensons que nous sommes dans la bonne direction dans notre recherche du contrôle de la non assurance des véhicules dans notre pays et nous intensifierons certainement ce contrôle durant la troisième année d’application de ce nouveau système. Nous souhaitons également profiter de cette opportunité pour remercier une nouvelle fois nos collègues finlandais et suédois pour l’échange d’informations dont nous avons pu profiter.
Le gouvernement prend des mesures contre les automobilistes non assurés
(extrait de la lettre d'information du Bureau britannique)
Ainsi que le MIB le prévoyait, Mike Penning, ministre de la sécurité routière, a soutenu et approuvé le projet CIE (Continuous Insurance Enforcement – Mise en application continue de l’assurance). Cette démarche a été renforcée le 11 janvier 2011 lorsque le département des transports décida de l’entrée en vigueur de la disposition selon laquelle le fait d’être le possesseur officiel d’un véhicule non assuré constitue une infraction. Le projet doit entrer en application à la fin du printemps de cette année.
Cette mesure significative entraîne une intensification de deux domaines clés de l’activité du MIB. La première consiste à veiller à ce que les automobilistes soient suffisamment informés des modifications législatives et la seconde à prendre les dispositions nécessaires pour le lancement efficace de la CIE. En pratique, le MIB est en train de veiller à ce que des agents supplémentaires soient formés et affectés à un nouveau centre d’appels en vue de gérer les demandes du public – en complément des actions de relations publiques et publicitaires en coopération avec la DVLA (Service des immatriculations et permis de conduire) et d’autres parties prenantes.
Dans le cadre de cette nouvelle activité le MIB apportera son soutien aux membres en leur procurant des informations régulières, des mises à jour, de la documentation, des avis et des conseils. La « CIE Industry e-Newsletter » constitue un exemple typique de cette action. Celle-ci fournit à ses souscripteurs des informations utiles sur la CIE comme par exemple les questions les plus souvent posées, des listes de contrôles préparatoires et tout récemment un guide détaillé sur l’identification et l’élimination des doubles informations – destiné à minimiser le risque d’envoi, par erreur, des lettres « IAL » (Insurance Advisory Letters) à des personnes en ordre d’assurance.
Les courtiers sont des partenaires essentiels dans la mise en place fructueuse de la CIE. Une grande partie des informations produites pour les membres du MIB peuvent être utilisées dans le cadre des relations avec les courtiers et d’ailleurs, lorsque c’est opportun, elles sont directement distribuées au BIBA (British Insurance Brokers Association) afin d’être communiquées à leurs membres. Le temps consacré à l’information des courtiers sur les procédures, les conséquences et les responsabilités liées à la CIE ne peut qu’être bénéfique et renforcer les relations professionnelles. Un effort soutenu du secteur de l’assurance doit être donné aux véhicules – plus particulièrement en réalisant les objectifs du CIE « Time-to-Supply » (TTS) qui éviteront des erreurs inutiles et des plaintes de la part des assurés recevant une IAL ou stoppés par la police car soupçonnés d’être non assurés.
Bien qu’il reste beaucoup à faire dans les mois à venir, il n’y a pas de doute que le secteur de l’assurance relèvera le défi et contribuera à ce que la CIE soit une mesure efficace visant à une nouvelle réduction du niveau et de l’impact de la non assurance au Royaume Uni.
Droits des passagers de bus et d'autocars
Dans son Livre blanc de 2001 sur « la politique européenne des transports pour 2010 », la Commission européenne (CE) vise à établir des droits pour les passagers de tous les moyens de transports. L’urgence a été répétée dans la communication relative au le renforcement des droits des passagers au sein de l’Union européenne en 2005. La CE a donc proposé un nouveau règlement sur les droits des passagers de bus. La proposition consacre un chapitre entier (Chapitre II) à la responsabilité des entreprises de bus et/ou d’autocars.
La CE a proposé que chaque opérateur de bus/d’autocar
- “soit responsable des pertes ou dommages résultant du décès, de blessures ou d’atteintes à l’intégrité psychique des passagers résultant de l’utilisation d’un autobus ou d’un autocar [...]” (art. 6)
- “doive verser une avance aux passagers de bus/d’autocar en cas de décès ou de blessure résultant d’un accident de la route. » (art.8)
Les principales préoccupations du CEA étaient les suivantes :
- En comparaison avec les autres usagers de la route et selon la législation actuelle, rien ne prouve l’existence d’un déséquilibre en défaveur des passagers de bus et d’autocars et rien ne justifie donc le besoin d’un système de responsabilité objective. Le règlement aurait créé une nouvelle catégorie de sinistrés puisque la procédure de règlement de sinistres pour les passagers de bus aurait fortement différé des procédures prévues pour les autres victimes d’accidents de la route. De plus, elle se serait ajoutée étendue aux responsabilités existantes pour les opérateurs de bus et d’autocars, imposant ainsi des contraintes qui n’existent pas pour les autres usagers de la route.
- Les propositions de dispositions de responsabilité objectives en faveur des passagers de bus et d’autocars auraient été à l’origine de confusions auprès des passagers de bus et d’autocars et d’autres usagers de la route car :
o les victimes d’accidents de la route devraient suivre des procédures de règlement de sinistres différentes selon qu’elles soient des passagers de bus ou dans une voiture ;
o cela augmenterait les coûts des opérateurs de bus et d’autocars et donc des passagers, ce qui compromettrait l’objectif visant à promouvoir l’utilisation de bus et d’autocars.
- Les propositions de responsabilité telles qu’elles ont été rédigées auraient pu inciter les fraudeurs à profiter des dispositions qui n’imposent pas la charge de la preuve au sinistré et auraient donc profité aux criminels et créé un risque pour la sécurité routière où les bus et les autocars auraient été les cibles de fraudeurs.
- Le règlement aurait pu créer un conflit de lois entre le droit des délits civils et le droit civil, ce qui aurait créé une confusion pour les opérateurs de bus et d’autocars.
Le CEA a rencontré la Commission européenne en octobre 2009 afin de discuter du document reprenant la prise de position du CEA et des débats du Conseil sur les droits des passagers. Contrairement à la position du CEA, la Commission souhaitait maintenir le chapitre sur la responsabilité dans le règlement et a adopté une attitude ferme quant à cette question lors des discussions menées avec le Conseil européen. Cependant, la Commission était prête à accepter des changements qui auraient rendu le texte plus acceptable pour le secteur des assurances. La Commission a également précisé que les règles de responsabilité seraient uniquement appliquées aux situations contractuelles entre le passager de bus et l’opérateur de bus. La Commission avait prévu un régime de responsabilité objective jusqu’à 220 000€, avec un régime de responsabilité pour faute au-delà de ce montant.
La Commission n’était pas d’accord avec la position du CEA selon laquelle les passagers de bus étaient exposés aux même risque d’accident que les passagers de voitures et qu’ils devaient donc être traités de manière égale. Selon la Commission, les passagers de bus devraient être traités différemment car ils paient le trajet de bus. Antonio Cancian MEP (IT, PPE-ED), le nouveau rapporteur pour le Comité Transport et Tourisme du Parlement européen n’était pas d’accord non plus avec la position du CEA selon laquelle les passagers de bus sont exposés au même risque que les passagers de voitures doivent donc être traités de manière égale. A l’instar de la Commission européenne, Cancian estimait qu’une différence de traitement pour les passagers de bus était justifiée car les passagers de bus paient le trajet et peuvent donc s’attendre à un service et une prise en charge plus importants de la part du l’opérateur de bus.
L’accord politique sur le règlement de la CE sur les droits des passagers de bus, réalisé le 17 décembre 2009 après de longues discussions avec le Conseil Transports, Télécommunications et Energie, reflétait exactement les préoccupations soulevées par le CEA auprès de la Commission européenne, du Parlement et du Conseil européens. La Commission a exprimé son accord avec la proposition de compromis de la Présidence européenne suédoise concernant le Chapitre I. La proposition de compromis suédoise a supprimé une grande partie du chapitre deux de la proposition originale.
Les deux articles restants font référence à la législation nationale, comme le recommandait le CEA, et ne prévoient un régime de responsabilité objective que si la législation nationale l’exige. Cette nouvelle proposition prévoit une indemnisation pour des dommages personnels de minimum 220 000 € et pour des dommages matériels de 1200 €. De plus, les avances contestées par le CEA dans le texte original ont apparemment été remplacées par l’obligation de prêter assistance à une personne blessée après un accident pour des besoins urgents tels que le transport, ce qui supprime la plupart des articles proposés par la CE. Au lieu de cela, la proposition de compromis propose que les victimes bénéficient d’une première assistance. De plus, la CE a souligné l’importance de la conformité du règlement avec la directive sur les assurances automobiles et accepte donc de formuler une référence claire vers la législation nationale. La Commission a également reconnu qu’il était essentiel que les passagers de tous les véhicules soient placés sur un même pied d’égalité.
Lors de la deuxième lecture, le CEA a accepté l’exigence présente dans le projet de recommandation du MEP, Cancian (PPE, IT) de fournir des preuves suffisantes (preuves prima facie) pour les avances afin d’éviter les sinistres frauduleux, mais le CEA estime que la première assistance proposée par le Conseil satisferait déjà pleinement les besoins des passagers. Le CEA a à nouveau exprimé son soutien pour le texte du Conseil, dans lequel il fait référence au droit de responsabilité civile national applicable et prévoit un cadre légal suffisamment clair et précis. De plus, le CEA soutien pleinement le texte du Conseil qui ne vise pas à introduire un régime de responsabilité qui est étranger à un certain nombre de systèmes juridiques nationaux. Le CEA a également souligné que la proposition de Cancian visant à étendre la responsabilité aux relations non contractuelles va au-delà de l’étendue et des privilèges que les passagers de bus ont en comparaison avec les passagers d’avion et de train.
Après une troisième et dernière lecture, le Règlement concernant les droits des passagers de bus et d’autocars a enfin été adopté le 15 février 2011 après deux ans de négociations.
Le Règlement sera d’application pour tous les passagers de services réguliers pour des trajets prévus de plus de 250 km. De plus, pour les distances de moins de 250 km, une série de règles seront aussi d’application pour les droits de base (par exemple : le dépôt de plaintes, le droit à l’indemnisation en cas de perte ou de dommages causés aux chaises roulantes ou à d’autres moyens de déplacement, l’obligation pour les transporteurs d’assurer une formation du personnel consacrée aux personnes à mobilité réduite, un système de gestion des plaintes). Le texte adopté comprend entre autres les dispositions suivantes :
- Indemnisation en cas d’accidents entrainant le décès ou des blessures corporelles aux passagers ainsi que pour la perte ou les dommages causés à leurs bagages. A cet égard, des plafonds pour les indemnisations financières selon la législation nationale doivent dépasser les montants minimaux prévus dans le règlement (220 000 € par passager et 1200 € par bagage). Les dommages causés à des appareils d’assistance tels que les chaises roulantes doivent être entièrement indemnisés.
- L’assistance pour couvrir les besoins pratiques immédiats des passagers suite à un accident lorsque c’est nécessaire (par exemple : nourriture, vêtements, hébergement jusqu’à 80 € par nuit et par personne pour un maximum de deux nuits).
- Les questions de responsabilité doivent être gérées en accord avec la législation nationale et la législation UE existante afin de prendre en compte les divergences de législations à cet égard dans différents Etats Membres. Ceci, en accord avec la position du CEA afin d’éviter d’introduire de nouvelles règles de responsabilité au niveau de l’UE. A la demande du CEA, ce texte fera référence aux règles nationales de responsabilité.
A propos de l’arbitrage
(par Alain Pire, Secrétaire général, Conseil des Bureaux)
A la lecture du procès-verbal de la réunion qui s’est tenue à Londres en 1949, il apparaît clairement que les fondateurs du système de la carte verte ont voulu mettre en place une procédure d’arbitrage en vue de résoudre les conflits découlant de l’application future de la « convention inter-Bureaux » qu’ils venaient d’adopter.
En résumé, cette procédure était la suivante : en cas de conflit soumis à l’arbitrage, le Secrétariat devait s’efforcer de rédiger un « statement of facts » (description des faits) accepté par les parties au conflit. Celui-ci devait ensuite être soumis aux arbitres désignés par les Bureaux (chaque Bureau devant désigner un arbitre) qui devaient exprimer leur point de vue par écrit, l’avis majoritaire étant décisif. Lorsqu’il n’était pas possible de rédiger un « statement of facts », la question devait être soumise à la délibération du Président et des vice-présidents qui, à l’époque, formaient le Standing Working Committee.
Il n’existe aucune trace dans les archives du Secrétariat du Conseil des Bureaux prouvant que cette procédure n’ait jamais été utilisée.
En 1992, le Conseil des Bureaux a adopté une procédure simplifiée permettant la mise en application de la clause arbitrale figurant dans la « Convention inter-Bureaux ». Cette procédure rappelait que les bureaux impliqués dans un différend devaient essayer de résoudre celui-ci à l’amiable. En cas d’échec, ils étaient invités à désigner un arbitre de commun accord et à en informer le Secrétariat du Conseil des Bureaux. Si aucune nomination ne pouvait être réalisée dans les six semaines, le Président était chargé de désigner l’arbitre. Par ailleurs l’Assemblée générale était invitée à approuver une liste de huit personnes susceptibles d’être choisies en tant qu’arbitres.
S’il est certain que beaucoup de conflits entre Bureaux ont été résolu à l’amiable ou suite à l’intervention du Secrétaire général ou du Président, on ne peut pas dire que cette procédure arbitrale ait connu beaucoup de succès. Pourquoi ? Probablement parce qu’elle était trop simplifiée et qu’elle ne permettait pas de résoudre les incidents qui peuvent surgir durant la procédure. On notera particulièrement le manque de précision à propos des pouvoirs de l’arbitre. Devait-il juger selon les règles de droit ou pouvait-il agir en tant qu’amiable compositeur ?
Par ailleurs, la liste des arbitres approuvée par l’Assemblée générale était composée de personnalités connaissant bien les conventions entre Bureaux mais qui étaient toutes liées professionnellement à l’un ou l’autre Bureau national. En conséquence leur impartialité n’était pas garantie. Or, il s’agit d’une condition essentielle si l’on veut que les parties au conflit aient confiance dans l’arbitre.
En 2002, lorsque le Conseil des Bureaux a adopté le Règlement général, il a opté pour la procédure arbitrale établie par UNCITRAL (United Nations Commission on International Law). Il s’agit d’une procédure très détaillée qui permet de trouver une solution à toutes les difficultés susceptibles de survenir pendant la procédure, notamment les retards dus à l’inaction d’une des parties. Les premières utilisations de cette procédure n’ont malheureusement pas donné satisfaction aux Bureaux concernés. Ceux-ci se plaignent principalement de la longueur de la procédure et des coûts qu’elle entraîne. Ces insatisfactions ont amené le Comité de direction à entamer une nouvelle réflexion « stratégique » sur l’utilisation de l’arbitrage dans le cadre de la solution à apporter aux conflits entre Bureaux. Un groupe de travail a été constitué à cet effet. Ses travaux sont loin d’être terminés et le but de cet article n’est certainement pas de présenter un rapport intérimaire mais d’exprimer quelques considérations personnelles sur la question.
Il faut tout d’abord remarquer qu’en choisissant la procédure à trois arbitres, le Conseil des Bureaux n’a pas nécessairement fait le bon choix. En effet, l’expérience montre que, alors qu’ils devraient se comporter comme des juges, deux des trois arbitres à savoir, ceux qui ont été désignés par les parties, se comportent comme les avocats de ces parties. Ce comportement a évidemment une répercussion sur les coûts. On pourrait résoudre cette question en optant pour la procédure à un arbitre, solution envisageable dans le cadre de la procédure d’UNCITRAL, mais ce choix soulève d’autres difficultés liées au choix de cet arbitre unique qui doit, en même temps, être indépendant et connaître les spécificités de la carte verte.
L’examen du premier alinéa de la clause arbitrale reprise dans le Règlement général (« Tout litige né du présent Règlement ou s’y rapportant sera tranché par voie de médiation ou d’arbitrage ») mérite de retenir l’attention.
Une distinction doit être faite entre les litiges qui concernent l’interprétation à donner au Règlement général et les litiges qui s’y rapportent.
Lorsqu’on examine le comportement des Bureaux depuis la création du Système de la carte verte, on constate que, contrairement au souhait exprimé en 1949 par les fondateurs du Système, ils ont manifesté une réelle aversion à l’idée de confier à un arbitrage l’interprétation des conventions qui les lient. Ils ont toujours préféré la solution qui consiste à charger un comité ou un groupe de travail de l’examen des questions soulevées par les Bureaux alors que celles-ci étaient nées de conflits liés à la gestion de cas particuliers qui auraient donc pu donner lieu à arbitrage. La ligne de conduite suivie par le Conseil des Bureaux a très souvent donné des résultats positifs. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la liste des décisions adoptées par les différentes Assemblées générales.
Une exception notoire doit cependant d’être signalée. Il s’agit de l’interprétation du concept de stationnement habituel introduit par la directive européenne de 1972 (1ère directive automobile) qui a donné lieu à de nombreuses discussions entre les Bureaux signataires de l’Accord multilatéral (appelé, à l’époque, « Convention complémentaire ») sans réellement aboutir à un consensus. Alors qu’ils étaient normalement tenus de recourir à l’arbitrage, certains Bureaux ont opté pour la voie judiciaire qui a abouti à la saisie de la Cour de justice européenne. Les arrêts rendus par la Cour, s’ils ont l’avantage de s’imposer à tout le monde dans l’Union européenne, n’ont pas nécessairement répondu aux questions des Bureaux dans le sens souhaité. L’arrêt « Fournier », par exemple, a été suivi très rapidement par l’accord entre Bureaux de l’EEE sur les « plaques fausses » qui adopte une solution différente de celle qui avait été indiquée par la Cour.
Par ailleurs, on notera que si deux Bureaux entrent en conflit à propos de l’interprétation à donner au Règlement général et qu’ils décident de recourir à l’arbitrage, l’arbitre devra normalement statuer selon les règles de droit, c’est-à-dire respecter le texte du Règlement général et son interprétation qui figure dans le Commentaire. On peut donc douter que l’arbitrage puisse apporter une solution différente de celle qui, dans la plupart des cas, est déjà connue.
Lorsque deux Bureaux divergent sur l’interprétation à donner à une disposition du Règlement général, ils ont donc intérêt en premier lieu à consulter le Secrétariat pour obtenir confirmation de l’interprétation officielle et éventuellement, si des doutes subsistent, d’envisager la procédure de médiation qui devrait, dans le meilleur des cas, aboutir avec l’aide du médiateur à une compréhension commune de la règle en conflit. Si on arrive à la conclusion qu’il n’existe pas de réponse à la question donnée, il convient alors de proposer son examen par un des deux comités (GRC et SRC) chargés de l’interprétation du Règlement général.
Les considérations développées ci-dessus aboutissent à constater que, en matière d’interprétation du Règlement général, le recours à l’arbitrage n’est certainement pas la solution idéale.
La clause arbitrale traite également des litiges qui se rapportent au Règlement général et qui devraient eux aussi être soumis à l’arbitrage. Les situations visées concernent presqu’exclusivement la gestion des sinistres soit par le bureau du pays de survenance de l’accident, soit par l’agent qu’il a désigné soit enfin par le correspondant de l’assureur. La question la plus conflictuelle est celle qui se rapporte à l’article 3.4 et plus particulièrement à la question de savoir si la réclamation a été traitée « au mieux des intérêts de l’assureur qui a délivré la carte verte ou la police d’assurance ou, le cas échéant, du bureau concerné ».
On doit admettre que lorsque le Bureau garant est le débiteur direct du remboursement, comme par exemple en cas de fausse carte verte ou d’absence d’assurance, l’arbitrage constitue un moyen raisonnable, si les discussions bilatérales et la médiation ont échoué, de résoudre la question de savoir si le sinistre été réglé au mieux de ses intérêts.
Dans ce contexte, la question la plus délicate est celle du choix de l’arbitre. En effet, il doit non seulement connaître les règles du Système de la carte verte mais il devrait idéalement avoir une connaissance réelle des modalités de règlement des sinistres dans le pays de l’accident. Le retour à la solution qui consiste à composer une liste d’arbitres mise à la disposition des Bureaux ne constituerait donc qu’une solution partielle de la question.
Les litiges entre Bureaux faisant suite à l’application des articles 4.6 et 4.7 suscitent également des problèmes du fait que la sentence arbitrale ne lie que les Bureaux et pas l’assureur et son correspondant qui sont souvent à la base du conflit. Dans le cadre de l’article 4.7, la seule action du Bureau du pays du sinistre, posée dans le cadre du Règlement général, consiste à vérifier le bien-fondé des actes de gestion posés par le correspondant. C’est uniquement sur ce point que devrait se concentrer l’arbitrage. Dans celui de l’article 4.6, c’est la décision de se substituer au correspondant prise par le Bureau du pays du sinistre qui devrait être l’objet du conflit. Il n’est pas certain que les arbitres qui ont traité les conflits liés à ces deux articles du Règlement général ont eu la même approche.
Que peut-on conclure (provisoirement) de ces quelques réflexions ? Que, dans un premier temps, deux questions doivent être examinées en détail. La première concerne le champ d’application de l’arbitrage qui mérite d’être précisé avec soin. La seconde concerne le choix du ou des arbitres qui doivent être, en même temps, compétents et indépendants.
Prochaines réunions
Mai 2011
25 mai 2011, Réunion du comité de direction (Dubrovnik)
26 mai 2011, Assemblée générale (Dubrovnik)
27 mai 2011, Assemblée générale (Dubrovnik)
Juin 2011
14 juin 2011, Réunion du groupe de travail sur la non-assurance (Bruxelles)
15 juin 2011, Réunion du comité de suivi (Bruxelles)
15 juin 2011, Réunion du groupe de travail "Bona Fide" (Bruxelles)
Octobre 2011
5 octobre 2011, Journée "stratégie" (Bruxelles)
6 octobre 2011, Réunion du comité de direction (Bruxelles)
25 octobre 2011, Réunion du comité des règles particulières (Bruxelles)
26 octobre 2011, Réunion du comité des règles générales (Bruxelles)
Novembre 2011
10 novembre 2011, Réunion du comité d'application (Bruxelles)
24 novembre 2011, Réunion du comité de direction (Bruxelles)


